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Le Plan Orsec
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Les catastrophes, naturelles ou engendrées par un accident grave donnent lieu au déclenchement de mesures exceptionnelles où la Gendarmerie prête son concours. 

Son intervention est traitée dans le cadre du "Plan Orsec". 

L'improvisation n'étant pas de mise en ce domaine des exercices réguliers sont programmés où tous les protagonistes sont engagés. Ainsi, pompiers, sécurité civile, ambulanciers etc.. se rendent sur les lieux d'une simulation d'accident. La Gendarmerie ne décide pas seule du moment.

L'effet de surprise, comme dans la réalité, doit être total. Seules les autorités administratives et militaires sont au courant du jour et de l'heure de l'exercice. 

Seulement, comme il ne faut pas se faire remarquer défavorablement, les grands chefs, avisent discrètement leurs troupes quelques jours avant la date prévue. 

Ainsi, à la base, on se méfie. Pas de missions trop prenantes ou éloignées. Les repos sont, à la rigueur, limités. L'exercice aura donc lieu avec le maximum de personnel. On révise les mesures à prendre. 

Les civils sont moins discrets. Le boulanger ou le traiteur à qui l'on a commandé sandwiches et rafraîchissements pour soutenir le personnel en action, lâchent quelques indices. Oui, cela se passera vers W., tel jour. L'heure? on doit être prêts à livrer pour x heure. 

Au jour dit, à la Brigade de X., tout le monde attend le message d'alerte. A 10H00, le saphir crépite Exercice, exercice, exercice. Accident d'avion aux environs de W. Nombreux morts et blessés etc. etc., 

Et nous voilà partis, pas trop vite quand même, pour ne pas arriver les premiers. 

Le site où à lieu l'exercice n'est pas très éloigné. De plus, l'avion a eu le bon goût de se "cracher" dans un endroit relativement accessible. 

L'Armée participe également, 150 militaires du rang sont dispersés dans la nature chacun portant sur le ventre une pancarte signalant son état : DCD, blessé grave, bras arraché, blessé léger. 

La Gendarmerie et les autres services de secours savent ce qu'ils ont à faire. Recensement des personnes et récupération des biens épars pour les uns, soins et brancardage pour les autres. 

Tout se passe bien. Des itinéraires à sens unique sont balisés par des gendarmes motocyclistes. Les ambulances tournent à plein régime. Le Préfet est là ainsi que le Directeur de la Protection civile et plein d'autres autorités. 

Six heures plus tard, tout est terminé. Un petit casse-croûte pour les participants. Congratulations. Retour aux bases. 

Le lendemain, compte rendu élogieux dans la presse, photos... 

Mon Colonel, qui étiez Commandant du Groupement de Gendarmerie concerné, lors du crash du Mont Sainte Odile, vous n'avez pas eu de chance.

Les journalistes sont arrivés avant vous sur les lieux. C'est sans doute ce qui a motivé une affectation imprévue à un autre poste. (Eh oui, cela existe aussi pour les Officiers supérieurs!)

Par contre, l'un des exercices que vous avez décidé et dirigé, durant votre nouveau commandement, a eu le mérite d'être entouré d'une certaine discrétion, de se passer en pleine montagne, à une heure moins agréable et sans la Presse.

Le casse croûte n'était pas prévu non plus...