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La Capitaine



Le Lieutenant Colonel Commandant le Groupement et le Capitaine Commandant la Compagnie, sont arrivés presque en même temps. Deux hommes très différents indépendemment du grade.

Le Colonel, vieux routier à qui on ne la fait pas. Le Capitaine, déja ancien pourtant, très propre sur lui mais sans grande envergure.

Un jour qu'il faisait laver sa voiture civile par son chauffeur, un gendarme, le Colonel est passé. "Que diable faites vous là gendarme, ce n'est pas votre voiture" "non mon Colonel c'est celle du Capitaine".

Malgré la remarque du Colonel qui, lui, faisait laver sa voiture personnelle dans un garage civil, le Capitaine a tenu bon. Son chauffeur a continué à lustrer l'automobile de son patron, caché dans son propre garage.

Je trouvais vraiment ce Capitaine bizarre. Lors des inspections, son dada, c'était la longueur des cheveux. Seulement il ne pouvait en faire la remontrance sans passer affectueusement, et systématiquement, sa main dans vos cheveux.

Il faut de tout pour faire un monde.

Je reviens de l'amphi du tableau d'avancement. Compte tenu de mon classement 95ème sur 108 j'ai pris ce qui restait, la B.R. de E. où je serai affecté le 1er avril 1975 comme troisième adjoint.

NOTE : En 1975, dans la Légion de Z. tous les militaires inscrits au tableau d'avancement choisissaient, en fonction de leur classement, l'une des places disponibles. Etaient indiquées la brigade, la capacité du logement et la date de mutation. Je n'ai pas revu celà par la suite. Maintenant? Je ne sais pas.

En principe j'aurais du rester à la B.R. de D. Dans le cadre du renforcement en gradés des Brigade de Recherches il y avait trois places à D. Seulement nous étions quatre sur les rangs et j'étais le moins ancien.

Non seulement je dois quitter la B.R. de D. mais je laisse un ami et un guide comme je n'en retrouverai pas tout au long de ma carrière.

En fait la carrière de mon adjudant s'est accélérée de façon spectaculaire: Nommé adjudant-chef puis Major la même année, il a terminé officier. Son dernier poste, sans doute attribué en remerciement des services rendus, il l'a assuré dans une région particulièrement touchée à cette époque, par des attentats multiples revendiqués par l'E.T.A.

Nous étions quatre en arrivant à D., nous sommes cinq à en repartir. Un petit S. est né en 1973 alors que je me trouvais à quelques deux cents km de là, chargé d'une importante mission (couper la circulation) à l'occasion du tour de france.