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Les amants diaboliques.

 

Le parking de l'esplanade du Lac se vide doucement. Les deux gendarmes qui assurent la circulation à la sortie ont hâte que ça se termine. 

Et puis les véhicules se raréfient. Il en reste une vingtaine sur le parc. Ils sortiront bien tout seuls. 

Un petit tour de l'esplanade et on s'en va. 

Mais qu'est ce vieux J7, pas tout neuf , avec deux gosses à l'intérieur, toujours stationné là. 

Les gendarmes s'approchent. Où sont vos parents demandent-ils. Les deux gamins,d'une dizaine d'années, répondent sans ambages : "ils sont aller voler pour qu'on puisse manger". Tiens, justement, les voilà qui arrivent. 

Effectivement un couple approche et, bien que surpris par les képis, ne peut que poursuivre son avance. 

Après les salutations d'usage, recueil des pièces d'identité. Il s'agit d'un faux couple. Les enfants sont à la dame. 

Vos enfants prétendent que vous étiez en train de voler? Après un moment de flottement, l'homme admet quelques larcins, deux portefeuilles un carnet de chèques qu'il remet aux gendarmes. Maigre butin, une centaine de francs. 

Demande de renfort à la Brigade et tout le monde est ramené au bureau où commencent les auditions. 

Rien de bien probant n'est découvert au cours des fouilles à corps et perquisition dans le véhicule. Ni les personnes, ni le véhicule ne font l'objet de recherches. 

Complaisamment les deux "parents" reconnaissent qu'ils ont quittés le Nord il y a quelques jours pour descendre dans le midi. 

Ils énumèrent un nombre impressionnant de vols qu'ils ont commis dans les véhicules et dans quelques habitations au cours de leur voyage. Surtout du numéraire, pour nourrir les enfants et payer l'essence disent-ils. Ils semblent comme soulagés de raconter leurs méfaits 

En cette période estivale, la brigade est surchargée de travail. On appelle la B.R. 

Enregistrement des déclarations. Certaines vérifications sont effectuées par téléphone et confirment les délits reconnus. 

Puis commence l'historique des relations entre les deux amants. La dame a quitté son mari pour filer le parfait amour avec son jeune ami. 

A trois heures du matin on questionne les brigades du lieu de naissance des deux protagonistes. 

Rien de particulier pour l'homme. Pour la femme non plus mais le planton se souvient qu'il a recueilli, il y a quelques jours une demande de R.I.F. émanant de la dame et concernant son mari. 

Il ne l'a pas encore envoyée car il lui manque la photo du présumé disparu. 

Le chef de la BR (vous savez, ce petit chef ne payant pas de mine, dont j'ai déja parlé), entreprend alors une partie de poker. 

Pourquoi avoir menti au sujet de votre mari. Vous ne l'avez pas quitté, où est-il? 

La question, anodine, provoque un complet bouleversement. La femme s'effondre en pleurant. Son mari, il est mort, ils l'ont tué, il était malade, il les gênait. 

Le meurtre a été commis d'une façon particulièrement horrible. Pendant que le mari dormait, l'ami a branché un tournevis, avec un long fil électrique, sur la phase d'une prise de courant. 

Ensemble ils se sont approchés du lit puis l'homme à planté le tournevis dans le coeur du dormeur. Ca n'a pas marché tout de suite mais je passe sur les détails. 

Le corps a été transporté par les deux complices dans la fosse commune d'un petit cimetière voisin. 

C'est l'amant qui a eu l'idée de la demande de recherche. 

Après quelques réticences, celui-ci confirmera les faits. 

Il a fallu réveiller alors plusieurs procureurs et substituts pour que le corps du mari puisse effectivement être retrouvé le lendemain matin, à l'endroit indiqué. 

Vous voyez que les gendarmes s'occupent aussi des vols à la roulotte...