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Les Gendarmes Auxiliaires



Derniers représentants d'une espèce en voie de disparition j'ai cité les G.A.

Volontaires pour effectuer leur service militaire dans la Gendarmerie les premiers sont arrivés en 1975, je crois.

Je n'ai eu affaire à eux que dans ma dernière brigade.

Ces garçons et ces filles (car il y a des filles mais employées uniquement dans les Etats Majors) ont principalement été utilisés pour renforcer les Brigades manquant de personnel et fournir au Commandement un apport précieux.

Volontaires, disais-je et pour la plupart, motivés, réclamant des missions qui ne pouvaient leur être confiées de par leur manque de formation.

Après quinze jours de "formation militaire", le G.A. Y arrive dans ma Brigade et m'est présenté par le planton. "Bonjour Monsieur", dit-il, en me tendant la main. Je ne suis pas d'un formalisme forcené mais je le reprends : on dit "Bonjour mon adjudant-chef ou, à la rigueur mes respects mon Adjudant-Chef".

Je vois qu'il a compris et lui précise, après notre entretien, que je vais l'accompagner chez le Commandant de Compagnie.

Je le préviens : à l'officier on se présente et on dit obligatoirement "Mes respects mon Capitaine", en se claquant au garde-à-vous. Il a compris aussi.

Devant l'officier retentit un "Mes respects mon Capitaine, G.A. Y, vous allez bien?"...

En partant, il ajoute, poli : " Au revoir Monsieur, au plaisir"...

Une autre anecdote, moins drôle.

Alors que je suis dans mon appartement, le G.A. Z me téléphone et me demande un entretien urgent. C'est déja un "ancien", bien dans ses bottes et avec une tête fermement plantée sur ses épaules. Un peu surpris, j'accède à sa demande.

Là, je reste sans voix. Le G.A. Z m'annonce qu'au cours d'une surveillance de nuit qu'il a effectué avec le gendarme W, celui ci lui a demandé de lui "faire une petite gâterie".

Il a refusé, bien sûr. Non, il ne dira rien. Seulement, il craint un peu pour ses camarades, dont certains sont peut-être moins équilibrés, et a décidé de m'en parler.

C'est vrai qu'il est beau garçon, l'oeil bleu et le cil long, et que le gendarme en question, bien que marié et père de famille, n'est pas une référence en matière de virilité. Je le crois et en rends compte à l'Officier.

La Gendarmerie n'aime pas le linge sale et hésite même à le laver en famille. L'affaire ne sera pas ébruitée. Le gendarme W, suivra seulement un traitement psychiatrique.

C'est un peu dommage que les G.A. soient remplacés par des C.E.S. améliorés.