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Le Stage National de Qualification au Commandement



Sur le point d'être nommé au grade de Maréchal des Logis Chef, j'avais été cordialement invité à participer à un stage de Franchissement de Grade. 

Rappelez vous, je venais juste d'arriver à la B.R. de R. Le stage avait lieu à SAINT MAIXENT. 

Le S.N.Q.C. auquel je suis maintenant généreusement convié en vue d'en assurer l'encadrement avec d'autres gradés, se déroule, lui, à CHATELLERAULT. Il est précédé d'une formation d'une semaine à MONTLUCON. 

Afin de ne pas distraire les personnels en cours d'instruction, les villes hébergeant les stagiaires sont souvent choisies non pas à cause de leur attrait touristique mais pour leur inaccessibilité géographique. A moins de résider dans la ville même ou ses environs, plusieurs heures de voiture ou de chemin de fer, sont nécessaires pour se rendre sur place

Actuellement le S.N.Q.C. se déroule à TULLE, chef lieu de la Corrèze, des pistolets mitrailleurs, du tissu du même nom et fief d'un Chef d'État connu. 

Je faisais donc un peu "la gueule" en arrivant à MONTLUCON mais le cas était prévu. Deux ou trois "grosses têtes" du Commandement des Écoles nous attendaient de pied ferme, pour essayer de ramener un sourire contraint sur les visages un peu fermés des heureux élus. Ils n'ont pas été trop convaincants. 

Un mois plus tard, départ pour CHATELLERAULT. 

Par PARIS, le voyage dure un peu plus d'une vingtaine d'heures et ce pour découvrir en arrivant, qu'un adjudant-chef sur le retour doit encore à 53 piges, partager sa chambre avec un autre gradé. 

Les candidats à l'avancement, eux, sont toujours en chambrée d'une dizaine de lits. 

Ils apprendront au cours de ce stage, les bases du nouveau commandement. 

Ils apprendront que ce commandement ne doit plus être unilatéral et sans appel. Les ordres devront dorénavant être élaborés en concertation avec les personnels placés sous leur autorité. 

Au début, ils n'ont pas tout compris. Bien sur, ils étaient jusqu'alors commandés par des officiers et sous officiers supérieurs de l'ancienne école, alors, comment discuter un ordre? 

Avant MONTLUCON, j'étais comme eux mais j'ai appris. En fait, c'est tout simple. 


APPLICATION 

Telle mission doit obligatoirement être assurée. 

Le Commandant de Brigade réunit son personnel et pose le problème : nous devons effectuer cette mission pour laquelle il faut 5 gendarmes, nous sommes six à la brigade,il faut un planton, nous n'aurons pas de renfort. Comment allons nous procéder? 

Tour de table. 

Réponse unanime : pas de repos ce jour là. 


Imaginez la réaction du personnel si le C.B. avait dit : Dimanche les repos sont supprimés nous devons tous être sur le terrain pour effectuer telle mission. 

C'est cela la concertation, élémentaire mon cher Durang... 

Et puis, le "clou" du stage, dont tout le monde parlait, consistait à donner aux gendarmes, y compris d'encadrement, un aperçu des techniques de relations humaines et de management. 

Pour ce faire, la Gendarmerie, s'était offert, à prix d'or, le concours d'une entreprise civile spécialisée dans l'apprentissage de ce genre de techniques. (Je crois savoir que l'instruction de chaque militaire revenait à environ 10.000 Francs pour trois jours de cours). 

Intéressants sur le moment, puisque échappant au carcan de l'instruction "gendarmique" traditionnelle, je dois avouer que ces cours ne m'ont pas laissé un souvenir impérissable. Peut-être que les plus jeunes??? 

Tous ces stages, organisés à l'échelon national, permettent toutefois d'observer, par le mélange de population qu'ils entraînent, que la gendarmerie, elle, n'a de "nationale" que le nom. 

En effet, que de disparités entre le Commandant de Brigade de Loos-les-Lille et son homologue de Saint Tropez. Entre le gendarme maritime de Brest et celui des Transports Aériens de Roissy. Entre les enquêteurs de la S.R. de Lyon et ceux de Paris Minime. 

Parfois ça fâche...