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Je suis le Commandant de la Brigade la plus importante du Département.



Quel honneur.

Quelle horreur lorsque je découvre qui en est le Commandant de Compagnie.

Je l'avais connu alors que j'étais adjudant à la brigade de X. et lui gendarme dans la même Compagnie.

Le monde est petit. Le monde est pourri.

Son C.B., que je connaissais bien, ne le considérait pas particulièrement comme un bon gendarme. En fait, il était nul, trop occupé à apprendre par coeur les cours de son programme de futur officier.

QUESTION : Peut-on faire un bon officier avec un mauvais gendarme?

REPONSE : NON.

Dernier de sa promotion, il n'a été admis que grâce à la défection d'un autre candidat.

Lui, il m'a reconnu tout de suite et je n'ai pas été obligé de lui épeler mon nom.

Il m'a été imposé durant deux ans.

Comble de bonheur, des crédits inespérés, demandés depuis plusieurs années pour la restructuration de la brigade, viennent d'être attribués.

Je devrai donc déménager quatre fois en deux ans à peine.

Pourtant, il a fallu assumer le commandement de cette "brigade la plus importante du Département", préparer le concours de Major et s'apprêter à prendre une retraite peut-etre pas méritée, mais indispensable au maintien de mon bon équilibre psychique.

Afin de couronner le tout, je serai désigné en 1993, pour assurer, durant un mois, l'encadrement d'un stage S.N.Q.C. à CHATELLERAULT. Heureusement j'avais déja passé l'écrit du concours de Major. C'est d'ailleurs en plein stage que j'apprendrai que je suis retenu pour l'oral avec une moyenne de 13,5/20.

Je me suis d'ailleurs bien défoulé au cours de cet écrit dont le sujet était "Le Service Social".

J'ai réussi l'oral du concours. Je serai nommé Major en 1994.

Mes ennuis ne sont pas tout à fait terminés.

Le commandant de Compagnie est muté sous d'autres cieux et c'est un petit chef de la mobile, parvenu lui aussi officier qui le remplace.

QUESTION : Un chef de la gendarmerie mobile peut-il faire un bon officier en gendarmerie départementale?

REPONSE : Je ne sais pas.

Il avait de bonnes idées. En quelques mois il est parvenu à faire chuter de plus de 50% les statistiques de la Compagnie, tout en bouleversant les horaires de service et en imposant des sorties de jour et de nuit assez éprouvantes pour le personnel.

Il avait sans doute raison.

Moi, j'ai pris ma retraite, anticipée de quelques semaines, dès que j'ai eu atteint les six mois réglementaires de grade de Major.

Je ne "crache pas dans la soupe". Juste un peu déçu...