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Les amis



Se faire des amis gendarmes, au cours de sa carrière, n'est pas des plus facile.

La mobilité d'une part empêche les relations durables et une fréquentation trop assidue peut nuire au service surtout lorsque les grades sont différents.

C'est la règle absolue, qui doit je pense, être inculquée aux gendarmes qui deviennent officiers.

Au cours d'une enquête de longue haleine menée avec l'aide d'un M.D.L.Chef d'une B.R. voisine, je pensais avoir trouvé en lui un ami.

Nous avions le même grade, sensiblement le même âge, les mêmes centres d'intérêt et une passion commune pour la police judiciaire.

Et puis il a été admis dans une école d'officier.

Peu avant son départ, je lui avais promis que si je le rencontrais par la suite et qu'il ait "oublié" notre amitié, je me montrerais certainement désagréable.

Ca n'a pas loupé, 10 ans plus tard, je le rencontre avec trois galons tout neufs. Promu depuis peu, commandant d'une compagnie voisine, il venait présenter ses civilités à mon capitaine à qui je rendais également visite.

Au regard qu'il m'a jeté, j'ai compris tout de suite. De plus il a prononcé les paroles qu'il ne fallait pas "Nous nous sommes déja rencontrés, c'est comment votre nom?". En claquant les talons je me suis présenté "Adjudant Durang, mais moi, je t'avais prévenu, je ne te reconnais pas" et je suis parti.

les deux officiers étaient sidérés.

Pourtant il était, d'après ses hommes, un bon Commandant de Compagnie, allant même jusqu'à se faire blesser sérieusement, au cours de l'arrestation d'un dément, meurtrier d'une dizaine de personnes.

J'ai vécu ce genre de situation à plusieurs reprises dont une qui fait l'objet d'une autre page.

Apparemment l'instruction dispensée dans les E.O.G. doit comporter, outre l'enseignement des danses modernes, une phase de décrassage de neurones particulièrement efficace.