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L'idée



Comment l'idée de faire une carrière dans la Gendarmerie peut-elle germer dans le cerveau apparemment sain d'un individu de 30 ans, marié et père de deux enfants?

C'est assez simple. Vous êtes dans une bote pourrie à établir des devis à longueur d'année. Vous gagnez à peine deux fois le smic après 5 ans d'ancienneté et 8 menaces de démission. Vous faites un boulot relativement relax mais répétitif, sans grand espoir d'évolution

Nous sommes en avril 1968 et un copain vous dit "Tiens je vais faire une demande pour entrer dans la Gendarmerie." Là un déclic, mais c'est, bien sûr..

Nous sommes allés, ensemble, à la brigade de notre quartier. Le chef qui nous a reçus n'a pas hésité une seconde : demande établie sur le champ (il a d'ailleurs obtenu, quelques années plus tard, les "félicitations" pour son excellent rendement concernant le recrutement). Mon copain avait le B.A.C. moi pas. Alors dictée, 5 fautes maximum. J'obtiens le maximum sans trop d'effort. Le chef, bon prince m'en laisse corriger une. Admis.

Ensuite l'attente. Après mai 1968, le recrutement battait son plein. Je n'ai pas attendu très longtemps. Par Décision n°.. du 30/12/1968 mon admission m'est notifiée. Départ 6 février 1969 , direction : Ecole Préparatoire de Gendarmerie de CHAUMONT. Stage réduit à quatre mois en raison des évènements récents.

Petit problème pratique: en tant que "Employé Principal des Services Administratifs" (mon titre ronflant dans la boite) mon patron me retient gentiment un mois de salaire prétendant que mon préavis de départ est de deux mois et que je ne peux en donner qu'un. Pour un peu je devais payer pour quitter l'entreprise.

Au fait, mon copain, il s'est désisté.

Ca va jusque là?