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La révolution de 1989



Au cours de l'été 1989 (si mes souvenirs sont exacts), les journalistes, en mal de copie, ont fini par se pencher sur des lettres anonymes qu'ils recevaient depuis déja pas mal de temps, lettres qui concernaient la Gendarmerie.

Qui écrivait ces lettres ? Des épouses de gendarmes disait-t'on, mais aussi leurs maris.

Les gendarmes sont mal logés, ils doivent payer leur uniforme, ils sont mal considérés non seulement par les civils mais par leur hiérarchie, ils manquent de matériels, de moyens, de repos, travaillent 24h sur 24 etc...

Panique à bord, la Grande Muette a consulté un orthophoniste, enfin certains de ses membres...

Toute la rancoeur accumulée depuis des lustres s'étale complaisamment dans la presse écrite, radiophonique et télévisée.

Dans l'affolement le plus total, on commande des milliers d'ordinateurs qui s'avèrent dépassés peu après. On achète des photocopieuses plus adaptées à un usage personnel qu'intensif. On augmente une prime d'habillement squelettique. On jumelle les brigades pour donner des quartiers libres. On accorde même un crédit à chaque brigade afin qu'elle puisse acquérir des petits matériels non prévu dans les dotations.

NOTE SUR LES ORDINATEURS :Il s'agissait de PC 80286 avec disque dur de 20MO. A cette époque BULL était en situation difficile et une commande de 6 ou 8000 micros à quelque 12000.00 Fr l'unité devait représenter quand même une petite bouffée d'oxygène

On se penche sur les jours de repos, les permissions, l'avancement, les mutations etc.. La révolution vous dis-je. Des "commissions de qualité de la vie" sont crées au sein de chaque unité mais sans moyen financier.

Dorénavant les militaires de la gendarmerie pourront s'ils le désirent aller au cinéma ou sortir bobonne deux à trois soirs par semaine, car ils seront en "quartier libre" à partir de 19H00.

Est-ce une amélioration? Pour les jeunes, sans doute, puisqu'ils émanent d'une civilisation de loisirs. Pour les autres, dont je fais partie, c'est trop tard. Je suis né avec 20 ans d'avance.

Sur ma demande, j'ai fait partie des représentant des sous officiers chargés de discuter avec le commandement de certains points précis. Tout un après midi a été nécessaire pour étudier, avec le colonel, commandant le Groupement, de nouvelles modalités d'attribution des permissions. Les idées les plus folles ont été soumises, depuis les départs en deux groupes, jusqu'à la fermeture totale de la brigade durant la période estivale.

Deux jours plus tard, la Circulaire réglant le problème des permissions, parvenait, par courrier direct, dans les brigades. La D.G.G.N. n'avait pas jugé utile de prévenir les Commandants de Groupement que cette affaire était déja traitée. J'ai démissionné de cette fonction après un an.