MENU


Le faux pas.



Mes relations avec l'officier, commandant la Compagnie se dégradent. Ca traîne ces affaires en cours, il faut réagir, solutionner tout ça, etc..

Je fais le gros dos, mes chefs et gendarmes sont un peu démotivés mais on continue.

Un petit cambriolage fournira un excellent prétexte pour me "descendre en flammes"

C'est un entrepôt en pleine campagne faisant office de magasin de vente de vêtement dégriffés qui est cambriolé. Les auteurs sont passés par le toit constitué de verrières. Les morceaux de verre jonchant le sol sont examinés minutieusement à la recherche d'empreintes. Les lieux environnants aussi.

Nous sommes en hiver 1982. J'hésite à envoyer sur le toit mon spécialiste en police technique. Les verrières sont à cinq mètres du sol et de plus, couverte d'une couche de glace ne permettant aucune prise d'empreintes digitales.

Compte rendu au commandant de compagnie qui n'hésitera pas, lui, à retourner sur les lieux l'après midi, alors que la glace est fondue et à me faire une fiche de reproches.

J'encaisse mal et sollicite, par la voie hiérarchique, un entretien avec le Commandant de Légion à qui je joins, une copie de la fiche et une demande de mutation dans l'intérêt du service.

Quinze jours plus tard, ne voyant rien venir, je téléphone au secrétariat de la Légion où, eux non plus n'ont rien vu venir.

Une demi-heure après mon coup de fil, le commandant de Compagnie, lui, recevait un message "flash" et un motard partait, en urgence, porter ma demande, (qu'il avait "oublié" de transmettre), directement au Commandant de Légion.

Cependant, un officier n'a jamais tort, je l'ai appris à mes dépens. En fait, on ne m'a pas donné tort non plus. Ma mutation a été acceptée assortie d'une "lettre d'observation" comme justificatif.

Je ferai détruire cette lettre un peu plus tard, ainsi d'ailleurs que toutes celles établies dans la Légion au cours des années précédentes. Le procédé a été reconnu non réglementaire.

NOTE : Contrairement à une punition, qui peut être amnistiée ou effacée d'une façon ou d'une autre, la lettre d'observation restait au dossier 1ère partie du militaire ad vitam aeternam.

Je suis resté à peine deux ans à la B.R. de R. mais je n'ai pas à rougir du travail accompli durant mon court séjour.

J'apprendrai par la suite que mon Commandant de Compagnie était une relation du commerçant possèdant l'entrepôt et qu'il espérait bien obtenir à bon prix, cravates Dior et ensembles Cardin si l'affaire avait abouti.

J'apprendrai aussi qu'après une bref intermède où il a joué les bisons pas très futés, il a été mis, en disponibilité durant deux ans. (C'est rarement une promotion, m'a dit un de ses collègues officier)

Me voici donc muté comme adjoint à la B.T. de X. La déchéance.