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La Brigade de Recherches de R.



Me voilà donc Commandant d'une Brigade de Recherches. Je suis assisté de deux chefs et de 4 gendarmes. Tout le personnel est au moins aussi ancien que moi et connait bien le travail de B.R.

Une seule ombre au tableau : l'héritage laissé bien involontairement par mon prédécesseur. Une douzaine d'agressions de personnes âgées restent non solutionnées.

Dans ce département de la france profonde, à vocation presque uniquement agricole, un nombre impressionnant de fermes isolées constitue une cible parfaite pour les malfaiteurs.

Le mode opératoire laisse présager qu'il s'agit presque toujours des mêmes individus. Il s'agit certainement de nomades dont la fréquence de passage et de stationnement dans la région est remarquable.

Une certaine psychose s'est installée tant dans les foyers ruraux qu'au sein des brigades du département.

Une partie importante du travail de la B.R. consiste à rechercher le renseignement sur les gens du voyage mais aussi à résoudre quelques belles affaires.

Une visite du Commandant de Légion, le Colonel F. me laisse une impression bizarre sur la réalité des statistiques de la Compagnie.

Quelques instants avant l'arrivée de l'officier, le commandant de Compagnie vient, en catastrophe, m'informer qu'une erreur de prise en compte de ces fameuses statistiques fait que cinq hold up solutionnés sont attribués à la Compagnie. (en 1981, il n'y avait pas eu autant de braquages dans tout le Groupement).

Cela ne fait rien, le Colonel s'extasie et félicite les hommes de la B.R. et l'Officier. Je suis un peu gèné.

Il y a six mois que je suis en poste et une nuit, la tuile. Plusieurs nouvelles agressions de personnes âgées viennent de se commettre.

Branle bas de combat. Nous suivons les malfaiteurs à la trace mais ils nous échapperons en arrivant dans la grande ville proche. Peu de renseignements sur les auteurs, 4 ou 5 jeunes, ayant utilisé plusieurs véhicules volés pour commettre 8 agressions au cours de cette même nuit.

L'enquête commence. Elle aboutira favorablement avec l'arrestation de quatre jeunes nomades qui, chose à peine croyable, avoueront leurs méfaits d'abord aux enquêteurs puis au juge d'instruction. Deux complices seront arrêtés par la suite.

La participation de la B.R. a été prépondérante mais personne de l'unité ne sera félicité, à part le Commandant de Compagnie et quelques C.B. de la Compagnie dont certains de repos la nuit des faits. Vous faites votre boulot nous à t'on dit.

Pourtant, il se chuchotait dans les couloirs que cette affaire avait motivé, en partie, la visite dans la Légion du Directeur Général de la Gendarmerie.

Peu importe le travail continue. Le Commandant de Compagnie se prend maintenant pour Eliot Ness et exige que toute les enquêtes en cours soient solutionnées.

Il était surnommé J.R. par les gendarmes de la Compagnie (c'était la pleine époque du feuilleton "DALLAS"). C'est vrai qu'il en avait la carrure, le sourire, la méchanceté mais , malheureusement, pas l'intelligence.