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Les officiers du Groupement de S.



J'ai eu beaucoup de chance avec les officiers du Groupement et de la Compagnie.

En fait, j'en ai "usé" deux de chaque.

Tous étaient des hommes de valeur, connaissant leur métier et exerçant leur commandement avec impartialité. L'un de ces officiers, promu Général, est d'ailleurs actuellement chargé d'une très haute fonction à la D.G.G.N.

C'est peut-être le fait d'exercer le commandement d'une brigade, mais j'ai eu l'impression d'être mieux apprécié de mes patrons.

La brigade de U. marchait bien, les gendarmes formaient une bonne équipe jusqu'au moment où l'un d'eux a cru bon de dénoncer mon épouse pour du travail "au noir".

Un an après notre arrivée arrivée à U., ma femme a trouvé un emploi à mi-temps dans un commerce de la commune. Les déclarations d'usage avaient été établies d'une part par la commerçante et d'autre part par moi-même auprès de la hiérarchie.

NOTE POUR LES CIVILS : Dans les années 60, une femme de gendarme ne devait pas travailler. Cela risquait de compromettre l'indépendance de son gendarme de mari.

L'arrivée d'un inspecteur de l'Assédic dans le magasin a surpris tout le monde. L'inspecteur aussi a été surpris lorsque les justificatifs lui ont été fournis.

L'affaire en serait resté là si la dénonciation, anonyme, n'avait pas fait l'objet d'un courrier tapé à la machine. L'inspecteur a bien voulu me montrer la missive et j'ai alors reconnu sans effort le style et les fautes d'orthographes caractéristiques de l'un de mes gendarmes. (Lorsqu'on corrige des procédures à longueur d'année ce n'est pas trop difficile).

C'est grâce à mon Commandant de Compagnie, à qui j'avais rendu compte de ce fait, qu'une expertise a été effectuée. La lettre avait bien été frappée sur une machine a écrire de la Brigade.

Le gendarme a fini par reconnaître qu'il en était l'auteur, sans pouvoir donner une raison valable à son acte. Il a été muté par mesure disciplinaire.

J'ai eu à faire punir aussi un autre gendarme de la Brigade pour son intempérance.

Il n'était pas spécialement dangereux mais il avait un mal fou à conduire l'estafette lorsqu'il était à jeun. Après deux verres de vin blanc absorbé "chez l'habitant" ça allait beaucoup mieux.

En fait, ce n'était pas entièrement de sa faute.

Lorsque nous avons étudié, l'officier et moi-même, le carnet de note dudit gendarme, nous avons remarqué que, depuis son entrée en Gendarmerie, 15 ans auparavant, la mention "soupçonné de boire" figurait chaque année.

Personne n'avait osé ou voulu pousser plus avant.

Si je n'avais pas été suivi par mes officiers, la vie serait devenue intenable à la brigade de U.